Long silence comme toutes les fois où je me replonge le nez dans le poil équin, les sens en éveil, toute frétillante de peur et de désir réfréné mélangés, anxieuse de la réaction de mes deux 4 pattes qui me manquent tellement, avide de sensation équestre, de relation équestre.
Et puis tout passe vite mais, blindée d'émotions, d'images, d'amour, je repars, sereine et rassérénée.
Ces poses m'aident aussi à y voir plus clair dans ma création. Mon cerveau apaisé, le lien entre les mains et la tête semble renoué.
Loin d'être satisfaite de ma dernière huile, plutôt déçue même, j'ai repris les pinceaux, le coeur battant avec une idée précise en tête. C'était sous-jacent, comme souvent, mais je viens de comprendre comment je perçois le cheval, enfin.
C'est tout bête mais fallait que je le sorte.
A l'école, j'adorais le cours de modèle vivant. Un corps nu, une pose, des rondeurs, des lignes, des courbes, des contrastes, le velouté de la peau, c'était stimulant, flippant mais beau, simple. Pour moi le cheval est comme ces nus, un corps vivant, même courbes, même lignes, même ressenti, l'émotion équestre, la bestialité en plus, .
Mes nus équins.
(Nu équin, huile sur papier 30 x 40 cm)