Le printemps me met de bonne humeur. Toute cette jeune et tendre
verdure, ces fleurs renaissantes, les odeurs oubliées de l'année passée
me remplissent d'allégresse. Adieu hiver froid et palot ! Sans regret.
Je crois que nos chevaux ressentent à peu de choses près les même
émotions, pas pour les même motivations surement. Lorsque nous sommes
partis à cheval, une copine et moi, nous sentions très bien le moteur
trépignant sous nos fesses respectives.

A mi-chemin, nos destriers toujours bien chauds, nous avons pris l'amorce d'un chemin qui finit souvent en galop à cause de sa longueur qui n'en fini pas et de son bon terrain. Impossible de ne pas se laisser tenter. Et aujourd'hui, impossible d'échapper à la règle avec au menu et au choix : soit un galop lent avec saut de mouton à la clef pour ma part et besoin de retenir coute que coute; soit un galop rapide pour leur bonheur et notre paix. On s'est regardé et on a tout lâché...
800 mètres d'extase, de yeux qui pleurent dans le vent doux cinglant, de vitesse animal, de sabots tonitruant. Au bout, nous avions les rênes en guirlandes, moi les deux bras écartés tel Di Caprio sur le devant de son navire criant sa supériorité au monde, comme pour célébrer et remercier le Dieu des chevaux d'avoir conçu de telle créature.
Finalement, je me demande si ma peinture n'est pas une célébration de ce Dieu, avec le Cheval pour religion.