vol.2
D'art et d'Humeurs équines

Parce que mon activité de peintre équestre me conduit à réfléchir sur la condition du cheval, j'écris sur ce qui me fait réagir. Retrouvez aussi mes derniers tableaux de chevaux expliqués, des pas à pas commentés, mes peintures sur le cheval en cours...

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Sensations équestres

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi 16 avril 2013

Vis ma vie… de cheval

Je pense pouvoir dire que j'ai approché ce que peut ressentir un cheval face à la peur. Sisi, j'vous jure.

Il faut savoir que je suis arachnophobe. Mais une belle phobie hein pas la petite phobie du dimanche, non une bien belle. De celle qui vous empêche un peu de vivre à certaines époques de l'année, de celle qui vous fait sursauter, voir faire un écart ahurissant avec un degré de réflexe insoupçonné.

Un soir d'été de l'année dernière, vers minuit, je saute pied nue guillerette en bas de mon lit dans la pénombre. Mais dans l'embrasure de la porte j'aperçois un truc non identifié marron, assez gros. Mon coeur saute dans la poitrine… aaaaaarg une énorme araignée (rien que de l'écrire… brrrr je frémis…) ! Un truc bien gros, bien large, bien marron avec des pattes énoooooormes !!!

Je ressaute sur mon lit illico d'un bond et me pétrifie sur place, j'ai le coeur en vrac, j'ai chaud mais j'essai d'analyser la situation puis je regarde tout autour de moi (on sait jamais… si il y en avait d'autres ! Une invasion !!… ouf nan). Je décide d'enlever mes lunettes. Et oui je suis myope, je la verrais moins ahah pas bête la guêpe ! Et je me maudis de ne pas être plus myope que ça… Puis je vais chercher les chaussures à talons que j'ai le plus haut possible (mais pourquoi je ne mets pas de plateforme shoes ??!!). Bon je me sens un peu plus protéger mais va falloir faire quelque chose, hors de question de dormir avec ça. Le problème, c'est que j'ai déjà du mal à les regarder ces bêtes alors les tuer… !!

La peur chez l'humain…

Après 15 min de cogitation à ne pas avoir bouger d'un pouce, je me décide à aller chercher la bombe pshhit anti-araignée. C'est dur mais j'ai pas le choix. Je me mets le plus près possible d'elle c'est à dire à plus d'1m, soyons fou. Je vise plus ou moins (je vois flou hein n'oubliez pas…) et je fini par l'asperger non sans avoir prévu l'angle de réception du produit pour ne pas qu'elle aille sous le lit mais plutôt dans le sens opposé. Ca marche, je la vois partir dans le couloir mais je ne sais pas où !!!

Je n'ai pas eu le courage d'aller voir, j'ai du attendre le lendemain pour voir son cadavre derrière la porte de la salle de bain (en enlevant les lunettes !). Fallait pas trop m'en demander non plus. Elle est restée là une semaine, le temps qu'une bonne âme me l'enlève…

Alors oui, je peux dire que j'ai ressentie cette peur irrépressible que peut ressentir le cheval. Si quelqu'un m'avait poussé fermement sur elle à ce moment là, je crois que j'aurais complètement résisté mais surement encore plus paniqué. Le laisser libre de son balancier, libre d'approcher à son rythme sont donc de bonnes bases pour affronter les monstres, je peux le confirmer !

N'hésitez pas à lire "Quand le Cheval a Peur" de Véronique de Saint Vaulry pour savoir comment la dompter, une bible.

mercredi 30 mai 2012

Cheval à bascule

Après avoir remis des bases en place de type respect des distances (ma bulle que diable !), déplacement de hanches/épaules, j'ai découvert l'exercice du yoyo qui me semblait très bien adapté à ma petite pot de colle adorée.

En longe, l'idée est de faire reculer droit le cheval d'autant de pas que l'on souhaite puis de le faire revenir vers nous. Suivant le niveau et le cheval commencer par 1 ou 2 pas puis augmenter jusqu'à reculer de plusieurs mètres. Dans les épreuves d'équifeel, on peut demander de reculer sur 6 m, le minimum étant 3 m.

Pour commencer je souhaitais obtenir 3 pas vu qu'elle connaissait déjà le reculer. Je demande, j'obtiens un pas, je redemande, hop un autre, je continue pour avoir mon 3e… elle s'exécute avec un pas vraiment mais vraiment riquiqui histoire de montrer qu'elle avait bien compris et obéis. Jugeant qu'elle était quand même vachement trop loin de moi, je la vois avancer les postérieurs, tendre le cou et me secouer son nez devant moi ! Alors autant l'encolure de girafe, elle me l'avait déjà sortie, autant le ramener de postérieur… jamais !

Le jeux du cheval à bascule…

Elle m'a bien fait rire mais je n'ai pas récompensé ce geste. J'ai redemandé un pas en arrière pour qu'elle se remette sur ces 4 pieds stables et j'ai caressé.

dimanche 20 mai 2012

La peur, une histoire de confiance

Je suis plus que convaincue du bien fondé du travail sur la peur et notamment de l'approche que propose Véronique de St Vaulry (ma collègue côté "Art" !) dont j'ai déjà parlé. Sur ma petite jument pot de colle, je n'ai eu aucun mal à lui faire comprendre le principe de l'approche "libre" et par étape. C'est simple elle y va avant même que je lui propose. Elle n'a pas peur de grand chose mais ça reste un cheval-proie et après une longue période forcée d'inactivité, elle avait une autre peur : les objets/odeurs/sons qu'on ne voit pas et qu'on ne peut approcher (foret, arbuste dense, zone inaccessible pour le flérage).

Je m'en suis aperçue les premières fois que je l'ai remonté. Obligé de mettre pied à terre pour qu'elle me suive et même comme ça je ne la trouvais pas rassurée, marchant comme sur des oeufs, naseaux ronflants. Pour le coup, je ne savais pas comment réagir et je me suis maudite de ne pas avoir dans ma bibliothèque "Quand le cheval a peur" ! Plus développé forcément que dans "Communiquer avec son cheval" où elle aborde ce problème dans un chapitre.

Quand le cheval a peur…

Pour ne pas rester sur quelque chose de négatif, ce jour là, j'ai travaillé sur le confort/inconfort. Loin du bois, on travaille, prés du bois et dans le bois, on broute. J'ai misé sur le ventre, chose qui marche très bien avec ma goulue. Puis sur les conseilles de Véro, j'ai travaillé aussi sur la partie à pied que je ne pensais pas être aussi lié à cette peur. Finalement c'est plutôt logique puisque ça va avec la confiance.

Après 3 jours de promenade en main et de révision sur les bases (reculers, flexions, cession épaules/hanches…), j'avais une petite jument qui ne ronflait plus, et qui ne s'est pas arrêtée là où ça faisait très très peur (approche en 5 arrêts le 1er jour), tête plutôt basse et qui me suivait à un peu moins d'1 m derrière moi. Un vrai succès !

Ce qui n'empêche que je vais me commander son livre sur la peur le mois prochain qui manque à ma bibliothèque !

vendredi 10 février 2012

Mise en selle

Je n'ai pas pu y échapper, ça devait arriver. Voilà c'est fait.

J'ai eu ma séance de mise en selle sur ma planche à pain*. Je ne redoutais pas les exercices, bien au contraire puisque j'ai à peu près tout qui bouge là-haut y compris ce qui ne devrait pas. Mon dernier cours de ce genre remonte à... heu... 3 ? 5 ans ? Faut pas se leurrer, c'est pas en lisant des bouquins vautrés allongés sur le canapé, aussi pointus soient-ils (les livres bien sûr), que l'on acquière un équilibre, une position du tonnerre.

Si je me suis faite secouer comme rarement je l'avais déjà été, si j'ai cru que mes organes internes s'étaient allègrement mélangés dans mon organisme, si mes fesses sont devenues aussi tendre qu'un bon steak chez le boucher, je ne suis pas masochiste mais j'en suis sortie ravie.

Oui ravie parce que notre monitrice en a fait un cours intéressant centré sur une partie du corps en particulier en expliquant les relations avec les exercices demandés. Ca change des enchainements d'exercices où l'on ne sait pas toujours pourquoi on souffre !

Vivement la prochaine séance… Enfin quand mes entrailles auront repris leur place, que je ne sentirais plus mes muscles et que je pourrais m’asseoir normalement...

Séance mise en selle cheval

Je ne suis pas illustratrice mais j'aime bien faire des petits dessins de temps en temps. Je ne sais pas si vous avez compris mais le rectangle gris n'est pas un nouvel accessoire pour monter mais un genre de scanner portatif qui est là pour montrer mon moi intérieur en vrac... cqfd.

* en l’occurrence ici et dans le contexte il s'agit d'un cheval, au demeurant fort adorable, qui est aussi confortable qu'un tabouret mouvant et sautant pendant une heure.

samedi 28 janvier 2012

Pensée

J'ai repris les cours. Option dressage. Attention, je n'ai pas dit mise en selle. Non non plutôt incurvation, pli, épaule en dedans, croupe au mur, jambe isolée et toute cette belle poésie de mots équestres. Même si la jument que je monte pour l'occasion me secoue allègrement le prunier au trot, chaque cours devenant une séance de mise en selle déguisée, j'aime ça.

Pensée à cheval


J'ai repris parallèlement mes lectures des grands et plus ou moins grands maîtres équestres. Je me concentre principalement sur les bonnes positions et les bons gestes à adopter, histoire de revoir les bases et me refaire des muscles au bon endroit et créer de bons réflexes. En théorie, super méga fastoche. Dans ma tête j'enchainerais presque une reprise Saint George. Presque j'ai dit. Le jour J, gonflé à bloc de théorèmes et diverses citations en tête, je met en place les bons principes. C'est la que ça se complique.

Mon cerveau se gonfle alors de phrases, de mots et d'ordres que je me dois d'exécuter mais mon fichu corps suit beaucoup moins bien la cadence. Il est en retard et ne suit pas du tout le mouvement, le bougre. S'enchaîne alors dans ma tête une continuelle litanie de termes m'imposant une posture que je doit avoir et tenir, sans compter les conseils de la monitrice qui se superposent eux-même aux consignes de l'exercice. L'équitation est donc un sport (sisi) mais aussi un entraînement cérébrale intensif.

lundi 12 septembre 2011

Des illusions

Ombre centaure 2

Nos ombres centaures planent,
intimement liés dans l'obscurité,
redoutablement fragiles et éphémères
fantôme de mes rêves...

samedi 10 septembre 2011

Ombre Centaure

Ombre centaure

Dans mes plus beaux songes maintenant,
Je suis "nous"
Nous sommes "un"
Tu me suis comme je te suis.

Nous ne serons que des ombres centaures.

vendredi 21 janvier 2011

Connection

J'ai toujours cru que ma jument, la première et forcément l'unique, celle que j'avais choisi et que j'aimais pour tout ce qu'elle était, et ce qu'elle est encore, occuperait à elle-seule tout mon petit coeur équin. Je pensais qu'il était impossible ou difficile d'en aimer un autre en même temps. Ils sont si uniques, on les choisi pour leur caractère et elle n'en manquait pas, pour leur qualité et aussi leur défaut, on s'unit pour le meilleur et pour le pire, aussi solennelle et "cu-cu" que cela puisse paraitre.

Et bien non. Mon petit coeur équin peut se doubler sans souci, comme avec les humains. On aime, on a de la place ! Pas de problème !

Si au début, malgré le coup de foudre assumé, on perd ses repères, on se pose des questions, on se cherche, on tâtonne, on explore, on se méfie aussi, quand les premiers signes de complicité et/ou de compréhension arrivent, c'est un bonheur sans nom. Déjà on se conforte dans l'idée que le coup de foudre était fondé que décidément c'était bien celle-ci et pas une autre. Ensuite on construit chaque jour l'édifice d'une connivence, on continue de douter de se poser des questions mais on s'attache.

Et là vraiment c'est sûr, non seulement je ne me suis pas trompée mais en plus je m'y suis déjà beaucoup attachée. J'ai deux petites juments que j'adore, pour des raisons différentes, pour ce qu'elles sont chacune.

dimanche 4 juillet 2010

De la pratique

Après 4 mois de sevrage équin, je profite pleinement avec le beau soleil d'été de ma nouvelle grise rondouillarde. Après son débourrage réussie du mois de février réalisé par une copine (avec ma très petite aide), je n'avais pas posé mes fesses dessus avant mon départ. Je ne suis pas du genre pressée dans ce cas là, je préfère bien faire et prendre le temps.

De retour et toujours pas pressée (mais avec une grande envie), j'ai refais connaissance avec ma belle, je voulais reprendre mes marques avant de faire le grand saut ou plutôt la grande enjambée.

J'ai donc commencé par le travail à pied avec comme support le dernier né de Véronique de Saint Vaulry : Communiquer avec son cheval, 5e édition. Enrichi de réflexions et de pistes concrètes sur des problèmes bien d'actualités comme par exemple le travail dans le rond, c'est un livre de chevet pour moi !

La première chose sur lequel il fallait que je travaille : le respect. Ma belle est très gentille mais... collante, un peu trop collante ! C'est un atout mais en attendant, il faut qu'elle apprenne à faire un peu plus attention à moi. Je ne suis pas qu'un distributeur de pomme-carotte que diable !

Avec le début du chapitre 2 en tête, me voilà partie avec mon licol, ma grande longe et mon stick. La belle apprend vite, très vite, elle comprend mais cherche parfois à transgresser autrement le contrat ! Le plus drôle a été lorsque je lui avais demandé des distances lors de la distribution de carotte. Face à elle, je lui demande de reculer puisqu'elle était largement trop prés. Elle s'exécute mais elle est bien embarrassée, la carotte est plus loin... Peu importe ! Elle allonge le cou tel une élégante girafe et la voilà qui me secoue son nez devant moi pour me quémander la friandise ! Ah mais que pouvais-je dire ? Rien. Elle avait respectée le contrat que je lui avait demandé ! La maline !

samedi 14 novembre 2009

Mon bien-être équin

Aujourd'hui, par une belle journée ensoleillée, j'ai remis mes fesses sur le dos de ma jolie jument qui était en convalescence.

C'est fou comme on fait vieux couple qui se connait par coeur. Je retrouve ma place comme dans un vieux fauteuil qui garderait l'empreinte de mon corps. Je suis à ma place, je suis bien, mes gestes sont réflexes, je sais ce qu'elle va faire, comment et pourquoi. Je la lis comme elle doit me lire, ce qui implique qu'elle en profite bien aussi. Mais elle est d'une gentillesse qu'elle n'en profite même pas tant que ça finalement et pourtant elle est plutôt dominante comme si elle avait compris qu'il s'agissait d'autre chose entre nous.

C'est idiot, les chevaux ne fonctionnent pas comme ça. Peut-être est-ce l'âge, elle me "passe" mes erreurs d'humains qui communique "cheval".

- page 1 de 2