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D'art et d'Humeurs équines

Parce que mon activité de peintre équestre me conduit à réfléchir sur la condition du cheval, j'écris sur ce qui me fait réagir. Retrouvez aussi mes derniers tableaux de chevaux expliqués, des pas à pas commentés, mes peintures sur le cheval en cours...

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dimanche 26 septembre 2010

Alerte VII

Issu de mes 2 longs mois de réflexion, commencé au mois de mai dernier, il a évolué et inévitablement est allé vers le contraste forcé. Ce n'est pas pour rien que l'oeuvre de Ben Ami Koller m'est sensible, j'y retourne, plus fort que jamais.

Maintenant, il y a autre chose qui me tracasse. Le cheval, je le sais, n'est qu'un prétexte à peindre. Mais je n'arrive pas à sortir des formes exactes. Le trait est toujours dosé, je le cherche juste alors que je voudrais un peu plus de moi-même dedans.

Je n'ai pas encore trouvé, je ne sais pas du tout comment faire.

dimanche 4 avril 2010

Le trait d'Egon Schiele

Parmi les peintres dont j'aime le travail, des peintres qui m'influencent d'une manière ou d'une autre, Egon Schiele serait assez bien placée pour ce qui est du travail de la ligne.

Son travail est très moderne (je parle de ses nues et portraits), son trait caractéristique, libre et personnel, s'approprie les formes de ses modèles. Peu de volume, le plus souvent suggéré entre aplats et graphismes. Et ça, ça me fascine. Cette épuration voulue, ce trait (toujours les traits !) fort, présent dans les contours... un exemple pour moi même si ce n'est pas forcément vers ce à quoi je tend, pas tout à fait.

Pour en savoir plus, voici le site "officiel" avec biographie et œuvres complètes.

mercredi 25 novembre 2009

Trait pour trait

Voici deux dessins issus d'une même photo. Un je l'ai fait avec la photo devant les yeux, une esquisse à la sanguine sur un petit format. Et l'autre fait sans la photo devant les yeux, en 2 min top chrono sur un iphone avec une appli qui permet de dessiner avec le doigt.

Et là je me dit... j'ai un souci. Si le premier se tient, le second je le trouve beaucoup plus vivant, plus enlevé, plus épuré, plus quoi. C'est vers ça que je veux aller.

Je ne dis pas que je souhaiterai ce traitement sur toutes mes peintures mais au moins une simplicité de trait évidente, bien plus encore qu'à l'heure actuelle.

*** Soupir ***

jeudi 15 octobre 2009

Prendre de la hauteur

Lever la tête pour, comme à hauteur d'enfant, regarder les arbres adultes et apprendre d'eux. Tenir une branche et se laisser guider, écouter le bruissement du vent comme un flot de connaissance, regarder avec admiration leur stature dans leur immuable concentration. Ils ont beaucoup à nous apprendre.

Il y a tant de choses futiles et compliquées mais dont on ne peut se soustraire ou difficilement, pourtant il suffit d'ouvrir les yeux pour comprendre que certains enrichissements sont bien ailleurs et pas si loin.

dimanche 11 octobre 2009

Devenir cheval

Je lis un livre qui répond à beaucoup de mes questions : "Petite philosophie du cheval" de Martine Laffon.

Il y a une phrase très juste de Condillac qui dit : "Pourquoi vouloir connaitre ce que sont les bêtes si ce n'est parce que c'est un moyen de savoir qui nous sommes ?"

Le cheval serait donc le miroir de nous même ? Ou bien chercherait-on à devenir meilleurs à leur contact ? Devenir autre comme le souligne Martine Laffon ? Dans l'acte de monter, même avec tact et finesse, il y a une dominance, on ne peut pas le nier. Mais eux ? Ne nous renvoient-t-ils pas quelque chose ? Ne nous révèlent-ils pas un chemin ? Je crois bien qu'il s'agit d'un échange. Ils nous montrent la sagesse, le calme et la maitrise et bien d'autres choses encore que l'on aurai tendance à oublier.

mardi 4 août 2009

De découverte en découverte

Dans ma nouvelle quête du Graal, je voulais commencer par le commencement. Mais m'ingurgiter des écrits de siècles passés me faisait un peu peur. Je garde donc La Guérinière ou Baucher lorsque j'aurai suffisamment de lecture derrière moi ou même de "pratique", ce qui n'est peut-être pas demain la veille…

J'ai donc décidé de commencer par Nuno Oliveira, le maitre écuyer du XXe siècle. Je n'ai jamais osé le lire jusqu'à présent de peur de ne rien comprendre. Et puis j'ai lu quelques lignes d'un livre que j'avais pour les illustrations de Jean-Louis Sauvat à défaut de mettre le nez dedans. Je me suis rendue compte que ces textes était abordables et carrément compréhensibles.

Ainsi, j'ai dévoré sa biographie (Marion Scali chez Belin), visionné deux fois le DVD récement paru issu du documentaire passé sur Equidia l'année dernière. Une vrai découverte alors que je connaissais déjà l'homme bien sûr sans connaitre véritablement son travail.

A force de voir les images de son équitation, je suis subjuguée devant tant de légèreté, d'impulsion, de souplesse... je suis fascinée et avide d'en connaitre d'avantage.

dimanche 26 juillet 2009

Mon chemin

C'est comme si je redevenais débutante à cheval. C'est une drôle de sensation. Oh bien sûr j'ai des kilomètres de pas, trot, galop sous les fesses et ça fait de moi une cavalière, point. Peut-être même une cavalière du dimanche.

J'ai l'impression que pendant toutes ces années, j'étais juste posé sur mon cheval, c'est tout ou presque. Regardant le paysage.

Je ne renie rien. J'ai adoré les randos que je ne fais plus, les balades auxquelles je profite toujours. Je suis convaincue que ça fait du bien au moral de nos chevaux. J'ai un peu sauté aussi. Quelles sensations là-haut quand on s'envole !

Non c'est juste que je me rend compte que tout ce à quoi j'aspirais depuis que mes fesses ont rencontré un dos de cheval, existait bien et ce depuis belle lurette et portait même des noms plus ou moins abstrait : légèreté, mobilité, équilibre, rondeur, cadence... sous la forme de dressage classique incarné par différentes figures plus ou moins connues.
Je me doutais bien qu'il y avait des solutions mais où chercher ? Comment savoir que cette équitation existait ? Ah bien sûr j'étais déjà sous le charme du travail artistique de Bartabas mais je pensais que c'était réservé à une élite, quelque chose d'intouchable.

Et puis j'ai rencontré des amies qui pratiquent ce genre d'équitation en tout cas qui sont en constante recherche dans ce domaine. J'aime la recherche, c'est usant, comme en peinture mais c'est stimulant aussi. C'est surtout se remettre en question en permanence. Au début, je me suis dit que je n'avais pas du tout le niveau pour ne serais-ce discuter de ce que je ne voyais pas ! Des mouvements, des gestes trop subtils dont mon oeil n'était pas du tout habitué. Je trouvais ça beau à regarder.
Je les ai écouté, parfois questionné, j'ai voulu testé, tout au moins ressentir. Le peu que j'ai pu goûter m'a conquise.

Je ne cherche pas à devenir une cavalière de dressage classique, pas du tout. Je veux juste ressentir des choses du domaine du subtile. Même au pas. Surtout au pas. D'abord au pas.

Le chemin des possibilités s'ouvre devant moi. J'ai encore tellement de chose à découvrir.

dimanche 17 mai 2009

Le graal équin

Nous revenons, une amie et moi, de 3 jours hors du temps. Difficile à expliquer d'ailleurs.
Le temps s'est arrêté à Sangué, petit lieu-dit où l'harmonie de verts profonds, tendres ou jaune pétillant s'accorde avec la pierre claire et chaude et le bois blond. Ici, les chevaux sont rois mais chevaux avant tout. Le respect règne et la sérénité aussi.


On partage, on échange, on se libère, on se pause aussi dans les près pour prendre son temps et observer les chevaux. On active le diaphragme de l'appareil photo qui carbure comme jamais.

Il y a le charismatique Bohémio, l'étalon gris avec une prestance et une gentillesse incomparable. Sous sa selle, on apprend, on écoute et on comprend.

Puis la pétillante Maltosa, jument fine et douce, avec un jus d'enfer ! Je ressens les pointes de vitesse qu'elle est capable de faire, poussant de l'arrière, compactée mais bondissante. Et puis... et puis ce galop presque sur place avec deux grammes dans chaque main. Soupir.

Et enfin tous les autres, des personnages à parts entières à quatre jambes que Magali et Alain travaillent dans le respect de leur caractère, gardant leur fraîcheur, leur dynamisme, leur énergie, leur identité.

Ce n'est pas l'envie de faire la même chose qui m'a le plus touché, c'est surtout cette douce énergie, cette harmonie, cet équilibre.
Depuis que je monte à cheval, j'avais en moi des choses, des envies, des idées sur le cheval et l'équitation que je n'avais pas encore vérifié quelque part. Je pensais que mes idées ou sensations étaient utopiques et peut-être naïves. Avec princesse Dhana, j'avais entr'aperçu que cette équitation existait mais je pensais que c'était dû à ce qu'elle était, un cheval hors norme avec une cavalière à son écoute. Un cheval transcendé par le beau travail de Ticia.

Et aujourd'hui, j'ai la preuve, vu de mes yeux vu, que non seulement Dhana n'est pas un cas unique (quoi que dans son genre de princesse, on pourrait le dire !) mais bel et bien l'accomplissement d'une équitation que je rêve depuis le jour où j'ai posé mes fesses sur un cheval. Je trouve que c'est un travail juste et dans le bon sens de l'animal : respect et harmonie.

Après une semaine de ce délicieux week-end passé, je n'en suis pas encore remise.

jeudi 7 mai 2009

Au plus près

On sent presque le crayon effleuré, carressé le papier sous les volutes sanguines.