
Pour répondre
à Lady Painter, oui c'est vrai les aimer c'est une bonne raison. Sauf que ça rend aveugle et ce pour quoi je les aime et comment n'est pas tout à fait la même chose que ce pourquoi et comment je
les peins...
Alors oui dans un sens, les aimer aide parce que c'est le sujet tout trouver, parfait. Mais le revers de la médaille peut être la manière de traduire cet attrait sous un aspect qui m'est propre,
être en accord avec la traduction picturale et ma vision de mon sujet préféré. Pas si simple d'être raccord...
Etude 64 - Craie noire, 21 x 14,8 cm

Je suis un peu
comme ce cheval qu'on aurait laissé dehors sous une pluie battante avec le froid et le vent, l'encolure tombante, les membres ramassés sous lui, compact pour mieux résister.
Pas de déprime, juste une lassitude qui guète devant mon travail dont je ne suis jamais complètement satisfaite. Une envie de se renouveler sans perdre le fil. Je doute de mon sujet. J'aimerai
tellement le hisser au rang de grand sujet moderne comme il le fut à une époque, intrinsèquement lié à l'homme. Vaste besogne complètement irréaliste ? Peut-être. Et puis à quoi bon.
Pourquoi vouloir à tout pris faire reconnaître les choses ? Pour qu'elles ne meurt pas tout à fait ? C'est avant tout vouloir montrer l'image que l'on a du cheval, sa vision propre. Je n'ai pas
envie de répandre une image lisse et carré de l'animal complice. Juste ce qu'il est ou ce qu'on l'a rendu, brut, sans chichi.
Ca n'a peut-être pas beaucoup de sens ce que je dis mais c'est aussi bien confus chez moi.
Etude 63 - craie noir et pastels, 21 x 14,8 cm

J'ai l'impression que plus je dessine et plus j'ai une certaine liberté à dessiner. La technique qui rentre me direz-vous. Oui bien sûr mais pas que. C'est une sensation, juste une sensation.
Comme un geste répété mille fois sans se rendre compte qu'à la mille et une énième, le mouvement est plus libre, pensé toujours mais libéré de la pesanteur de mal faire, de ne pas trouver la bonne
ligne. Je ne pense plus au dessin en lui même mais à la façon dont il va rendre, à son ambiance.
La peinture a tendance encore à me trahir alors que je me sens bien avec le dessin. Une liberté absolue. Pas de carcan. Evidement, il m'arrive de buter sur une forme mais ce n'est pas frustrant
parce que je sais que je la trouverais, il me faut juste prendre du recul.
C'est pour cette raison que le fusain ou les craies me sont précieuses.
Alerte - Craies noires et pastels sur papier Japonais

Peindre c'est bien. Savoir où l'on va, en avoir au moins une idée, c'est mieux. Savoir l'expliquer c'est bien autre chose.
Pourtant en discutant avec des amies, je me suis rendue compte de beaucoup de chose. Le cheval, si joli sujet qu'il soit, devient un prétexte et n'est plus le sujet unique. Je pensais chercher
l'épuration alors qu'il s'agirait plutôt d'aller au delà de la ligne, s'en affranchir pour oser montrer le cheval tel que je le vois, le ressens, le vis et non plus comment il s'impose à moi,
naturellement.
J'aime beaucoup le rendu de la peinture ci-contre en contre jour. Je ne sais pas, elle a un côté mystérieux comme si elle portait un autre regard sur moi-même, sur ce que je fais. Malheureusement
en face d'elle, ça n'a rien à voir ! Dommage, parce que je crois que je la préfère sous cet angle...

Les
choses se figent un instant quand le vent s'arrête. Le temps d'y penser, le temps de se remémorer, le temps de digérer.
Un instant nostalgique.
Une pensée secrête.
Le souffle reprend doucement, lourd d'un souvenir ému mais perdu. Tendre et innocent, comme le doux nez d'un cheval qui frôle la joue...
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