Quand on aime on ne compte pas... Je n'ai donc absolument pas calculé le temps qu'il faisait avant hier quand je suis sortie avec ma chère jument.

Mal m'en
a pris ! Je vous brosse le tableau :
Motivée grave, je panse, caresse, astique, brosse, selle et câline mon fidèle destrier quand il se met à pleuvoir. Arf j'en ai vu d'autre, qu'à cela ne tienne, j'enfile mes longues shaps, mon
blouson doudoune et hop à cheval ma mie ! Ce n'est pas une petite pluie qui va nous arrêter.
Sauf que j'avais légèrement oublié que la pluie avec 5° pouvait transformé le plus téméraire cavalier en simple glaçon posé sur une selle... Rajouté à ça un vent digne d'une petite tempête et c'est
les doigts et les pieds frigorifiés que j'ai fini ma pauvre balade !
Quand à ma monture, fidèle à elle-même, complètement impassible au temps mais tonique et plein d'allant !
A défaut de photos pour illustrer mes propos j'ai brossé un petit dessin qui illustre pas trop mal notre aventure glaciale.
Aujourd'hui j'ai retrouvé mes doux naseaux mobiles, ses lèvres qui me gratouillent dans le coup quand je l'étrille au garrot, ses ébrouements de salut, son odeur animal, ma gentille et tendre
jument.
Comme si l'on s'était quitté hier, tous les codes de communication se mettent en place, elle m'écoute et me suit, fait ce que je lui demande. Que c'est bon de se retrouver là haut, perché sur son
dos mouvant et tendre.
En échange, elle broute à mes côtés de la bonne herbe tendre et haute en dehors du près déjà bien rasé, sous le soleil pâlichon mais encore chaud de ce mois de septembre.
Aujourd'hui mes pieds non plus touchés terre.
Douce et belle journée à respirer l'odeur de la princesse d'
une amie, à passer mes doigts sur son poil truité. Une bien jolie
jument intelligente et très joueuse, speed aussi. Mais c'était si agréable de poser son derrière sur la peau de mouton qui matelasse la selle espagnol posée sur le dos court et fin d'Idhana.
Fluidité. Puissance. Finesse et légèreté.
Malgré mes erreurs, elle s'est prêtée au jeu, en a profité aussi parfois, un peu. Mais ça valait bien le coup et le cabré final comme un feu d'artifice, c'était la cerise sur le gâteau à quatre
jambes.
Merci les filles (Maîtresse et Jument) pour ce beau cadeau.
Hier, j'ai retrouvé son odeur, son poil d'hiver qui tombe, la douceur de son nez, son oeil vif, ses allures relevées... puis les même jeux, la course, toujours le même vainqueur à quatre
jambes. Elle me tourne autour pour mieux me narguer, je lui cours après, elle adore ça, son oreille toujours rivée sur moi.
Puis retour au calme, on marche ensemble, elle me suit, on fait tous les crottins de la carrière pour savoir qui est venu avant. Je déclare forfait pour ce jeu là...
Elle me pousse de sa tête quand elle en a marre et qu'elle souhaite brouter un peu d'herbe tendre derrière la lice.
Douce journée, calme et sereine, je rentre chez moi, revigorée avec encore son odeur sur mes mains.

Oui j'ai légèrement accentué les couleurs mais vu le temps en ce moment ça ne fait pas de mal... (Photo prise cet été)
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Lorsque j'ai commencé à monter ma jument, qui à l'époque n'était pas encore "à moi", j'avais instauré un rituel. A chaque fois que j'allais la voir, je traversais le long couloir de
l'écurie puisque son box était le dernier à droite. Au moment où je franchissais la porte du bâtiment et excitée à l'idée de la retrouver après une semaine d'absence, je l'appelais, par son nom
deux ou trois fois, jusqu'à ce que je l'aperçoive, mâchonnant ou se reposant. Petit à petit et sans m'en rendre compte, je lui apprenais à reconnaître son nom. Jusqu'au jour où, dés le premier
appel de ma part, elle henni et pointa le bout de son nez hors du box pour m'accueillir. J'étais ravie et je venais de comprendre que pour elle, j'étais synonyme de gratouillages, de carottes, de
balades et autres plaisirs et elle avait donc associé l'appel de son nom à ma personne.
A partir de là, j'ai toujours fait très attention à ne pas l'appeler "gratuitement" ou pour rien. Je l'appelle toujours pour une bonne raison. Bien sûr je continue le rituel de l'appel pour
manifester ma présence mais aussi à d'autres moments, quand j'ai une carotte dans la main pour lui signifier qu'elle peut venir vers moi, pour qu'elle me suive pour rentrer ou bien encore juste
avant un ordre pour qu'elle porte son attention sur moi.
J'ai lu récemment que les chevaux ne pouvait se souvenir de leur nom sur une trop longue durée. Evidement le contexte n'était pas expliqué mais je peux dire que la mienne n'a jamais oublié le sien
même pendant une période de quelques mois durant lesquels je n'avais pas pu aller la voir.
Encore aujourd'hui, j'aime la voir passer sa tête au dessus de la porte, pointer ses oreilles vers moi et me souhaiter la bienvenue par ce bruit si familier et si doux que son ébrouement
caractéristique. Il lui arrive même de reconnaître ma voix et de me répondre avant même qu'elle ne me voit. Une question d'amabilité :-).
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